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Jean Cocteau et l'Atelier Madeline-Jolly / JEAN COCTEAU (1889-1963) Quatre-profils

Lot 1
AR
JEAN COCTEAU
(1889-1963)
Quatre-profils
29 September 2022, 15:00 CEST
Paris

Sold for €8,925 inc. premium

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JEAN COCTEAU (1889-1963)

Quatre-profils

signé à la main Jean Cocteau
plat en terracotta avec feutre noir et pastel
diamètre 39 cm. (15 3/8 in.)
Exécuté en 1958.

hand signed Jean Cocteau
pastel and black felt-tip pen on terracotta plate
Conceived in 1958.

Footnotes

Bibliographie
A. Guédras, Jean Cocteau céramiques, Paris, 1989, cf n° 6

Jean Cocteau rencontre la poterie dans les dernières années de sa vie. Alors qu'il s'est illustré dans de nombreux champs artistiques, il se tourne en 1957 vers ce nouvel art dans lequel il trouva un réconfort salvateur et une source d'inspiration infinie.
En 1956, alors qu'il est promu Dr Honoris Causa par l'Université d'Oxford, il entreprend les fresques de la mairie de Menton et de la chapelle St-Pierre à Villefranche-sur-mer. C'est dans cette petite commune de côte d'Azur entre montagne et mer qu'il rencontra un an plus tard le couple de céramistes Philippe Madeline et Marie -Madeleine Jolly. Ce sera le début d'une émulation artistique fructueuse et d'une profonde amitié qui dureront jusqu' à la mort de Jean Cocteau en 1963.
« La poterie m'a sauvé la vie ! Elle m'évite d'utiliser l'encre qui est devenue trop dangereuse car tout ce qu'on écrit est systématiquement déformé par ceux qui le lisent...
... Picasso m'avait dit que si je mettais une céramique au four, j'étais perdu. Mais j'ai toujours eu le goût de me perdre avec délice. »
En 1946, Philippe Madeline ingénieur de formation épouse Marie-Madeleine Jolly faisant carrière dans la publicité après avoir fait l' Ecole des Arts-Décoratifs de Paris. Ils ouvrent leur atelier surplombant la mer à Saint-Michel de Villefranche-sur-mer. Marie-Madeleine crée des bijoux, et Philippe est en charge de la technique et de la fabrication des moules.
Philippe admirait le travail de Cocteau et espérait pouvoir le rencontrer par le biais de connaissances communes. Lassé d'attendre, il décida de provoquer le destin.
« J'avais envie de faire un essai et grand scrupule à le faire sans autorisation. (...) Pourtant un jour la tentation a été trop forte (...) J'ai mis trois pièces au four... J'en ai cassé une de suite (...) J'ai fait porter les deux autres à Santo-Sospir comme on jette une bouteille à la mer... Trois heures après Jean était là, mes plats sous le bras, m'interpellant comme s'il m'avait quitté la veille. »
C'est ainsi que Jean devint « apprenti » et commença sa formation à raison d'un après-midi sur deux à l'atelier. « Jean Cocteau travaille dans une tension extrême. Il a pris comme dit Jean Marais « sa tête d'assassin ». Il est devenu impossible de poursuivre sa propre besogne à côté de lui. Personne ne parle. On marche sur des « pieds de silence ». Lui est comme un chirurgien au milieu de son équipe. »
Jean Cocteau, « grand Maître du trait », ne retient que l'essentiel, le style est net, dépouillé. Philippe Madeline déclara « Comment ne pas être subjugué par son graphisme équilibré, rigoureux sans être géométrique, tendre sans mièvrerie... » Jean Cocteau et le couple Madeline Jolly créèrent jusqu' à la mort de l'artiste en 1963. De cette collaboration naitra 300 céramiques. Cette vente raconte cette synergie exceptionnelle entre l'art et l'artisanat en mettant en lumière le processus de création : des dessins préparatoires aux modèles originaux en passant par les pièces d'essai. Ces œuvres, qui reprennent les inspirations chères à Cocteau lui ont valu le surnom de « Poétier de Villefranche ». Elles sont aussi les témoins d'une rencontre prodigieuse entre Cocteau et Madeline Jolly et de leur amitié sans faille.


Jean Cocteau comes to pottery in the final years of his life. Having distinguished himself in many artistic fields, in 1957 he turned to this new art in which he found both solace and an infinite source of inspiration.
In 1956, after being awarded Doctor Honoris Causa by the University of Oxford, he undertook the frescoes of Menton town hall and the chapel of St-Pierre in Villefranche-sur-Mer. It was in this small town on the Côte d'Azur between the mountains and the sea that he met a year later the ceramist couple, Philippe Madeline and Marie-Madeleine Jolly. It would be the beginning of a fruitful artistic exchange and a deep friendship that would last until the death of Jean Cocteau in 1963.
"Pottery saved my life! It saves me from using ink which has become too dangerous because everything we write is systematically distorted by those who read it...
... Picasso told me that if I put a ceramic in the oven, I was lost. But I've always taken great delight in losing myself."
In 1946, Philippe Madeline, an engineer by training, married Marie-Madeleine Jolly, who was pursuing a career in advertising following her studies at the School of Decorative Arts in Paris. They open a workshop overlooking the sea in Saint-Michel de Villefranche-sur-mer. Marie Madeleine creates jewelry, with Philippe in charge of the technique and mould-making.
Philippe admired the work of Cocteau and hoped to meet him through mutual acquaintances. Tired of waiting, he decided to take things into his own hands.
"I wanted to try something yet had great qualms about doing it without permission. (...) Yet one day the temptation was too strong (...) I put three pieces in the oven... One broke right away (...) I had the other two sent to Santo-Sospir, just as one might throw a bottle into the sea... Three hours later Jean was there, my pottery plates under his arm, calling out to me as if we had just seen each other the day before."
This is how Jean became an "apprentice" and began his training every other afternoon in the workshop. "Jean works under great tension. He starts to take on, as Jean Marais says, "the look of an assassin". It has become impossible Cocteau to pursue one's own work beside him. No one is speaking. We walk on "silent feet". He is like a surgeon surrounded by his team. »
Jean Cocteau, "grand Master of the pencil stroke" retains only the essential; the style is clean, minimal. Philippe Madeline declared: "How not to be captivated by its harmonious graphism, rigorous without being geometric, tender without sentimentality..."
Jean Cocteau and the couple Madeline-Jolly worked together until the artist's death in 1963. From this collaboration were born 300 ceramics. This sale recounts this exceptional synergy between art and craftsmanship by highlighting the creative process: from sketches to original models and working proofs. These works, which drew on inspirations dear to Cocteau, earned him the nickname "Poetter of Villefranche". They are also witness to the exceptional encounter between Cocteau and the Madeline-Jolly couple and to their unfailing friendship.

"Combien de mois a duré ce travail pour réaliser toutes ces poteries ?
Jean Cocteau : ʻJe ne sais plus, mais... voilà il faut en effet une collaboration étroite, je dirais qu'il faut le feu de l'amitié et l'amitié du feu... ʼ "

"How many months of work were needed to make all this pottery?
Jean Cocteau: ʻI don't know anymore, but... indeed it requires a close collaboration, I would say that it requires both the fire of friendship and the friendship of fire...ʼ "

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