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Art Moderne & Contemporain Africain / Alexis Peskine (France, né en 1979) Ribu Endabu, 2019

Lot 20
*,AR
Alexis Peskine
(France, né en 1979)
Ribu Endabu, 2019
Amended
19 May 2022, 17:00 CEST
Paris

€20,000 - €30,000

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Alexis Peskine (France, né en 1979)

Ribu Endabu, 2019

clous, feuille d'or de lune, terre, eau, café et vernis d'archivage sur bois

nails, moon gold leaf, earth, water, coffee and archival varnish on wood

150 x 110cm.
59 1/16 x 43 5/16in.

Footnotes

Né à Paris d'une mère afro-brésilienne et d'un père franco-russe, Alexis Peskine oriente sa pratique artistique vers la dénonciation et la représentation des expériences complexes et diverses auxquelles la diaspora africaine est confrontée.

Les oeuvres d'Alexis Peskine, exposées en France et à l'international, constituent une déclinaison de portraits d'hommes et de femmes Noir(e)s, de toutes nationalités, figurés par un assemblage complexe de clous sur bois teint de café et de boue. Il explique : " Il y a ce truc avec le métal et le bois, avec le fait d'être artiste et artisan, qui court dans ma famille. C'est l'héritage de ce que j'ai reçu" (cité dans Jackson, 2021).

À son tour, il s'efforce de canaliser l'énergie spirituelle des figures de pouvoir Nkisi N'Kondi du Congo à travers ses portraits. Fabriquées en bois et généralement percées de clous, de chevilles et de lames en métal, ses figures sculpturales sont conçues comme des récipients de substances sacrées qui sont activées par les spécialistes des rituels Kongo. Pour Peskine, le fait d'enfoncer les clous dans ses portraits en techniques mixtes revêt une double signification. Il " reflète l'agressivité perçue du corps noir et évoque des allusions aux balles qui percent la peau ", tout en reconnaissant que " les clous sont également utilisés pour construire des choses. C'est l'idée de construction et de déconstruction. Nous avons construit - nos ancêtres, les Africains réduits en esclavage - les économies et les nations les plus fortes du monde" (cité dans Young, 2019).

Alexis Peskine a développé sa pratique artistique, qui comprend des œuvres photographiques et vidéo, par des études prolongées. Il a obtenu une licence en beaux-arts de l'université Howard avant de poursuivre une maîtrise en arts numériques et un master en Beaux-Arts. Bien qu'il soit principalement basé à Paris, il travaille et expose à l'international, notamment lors de récentes expositions personnelles à la October Gallery, à Londres, à l'Espaço Luanda Arte, en Angola, et à la Galerie Le Manège, Institut Français, à Dakar, au Sénégal. Peskine a reçu des prix prestigieux, dont une bourse Fullbright et un prix Hennessy Black Masters Art Competition. Ses œuvres font partie d'importantes collections, dont le New Britain Museum of American Art, New Britain, États-Unis ; la collection Pizzuti du Columbus Museum of Art, Columbus, États-Unis ; et le Museum of Contemporary Photography (MoCP), Chicago, États-Unis.

Bibliographie
Sarah Huny Young, 'French artist Alexis Peskine uses nails like brush strokes to illustrate the global Black experience', 7 May 2019, Pittsburgh City Paper, en ligne
Fay Janet Jackson, 'Alexis Peskine: Collective Ambition', November 2021, artxlagos, en ligne


Born in Paris to an Afro-Brazilian mother and Franco-Russian father, Alexis Peskine's artistic practice is driven by his desire to represent the complex and diverse experiences of the African diaspora. He has garnered critical acclaim for his signature large-scale mixed media figurative works. He creates portraits of black subjects by hammering nails into wood which has been stained with coffee and mud. The nails are hammered into the wooden surfaces at different heights, articulating the figures' features in undulating relief. Finally, the heads of the nails are brushed with gold leaf to achieve the golden-brown hue of his subjects' skin tones.

Peskine explains that these portraits are inspired both by his own biography and the artistic traditions of the Congo Basin. He understands his materials to relate to his family's proximity to artisanal labour, including his grandfather's occupation as a carpenter. He explains, "[t]here's this thing with metal and with wood and with being artist and artisans that runs in my family. That is the heritage of what I've received" (quoted in Jackson, 2021).

In turn, he strives to channel the spiritual energy of the Nkisi N'Kondi power figures of the Congo through his portraiture. Crafted from wood and typically punctured with metal nails, pegs, and blades, these sculptural figures are conceived as containers of sacred substances which are activated by Kongo ritual specialists. For Peskine, the act of driving the nails into his mixed-media portraits is reconceived with dual meaning. It "mirrors the perceived aggression of the Black body and further conjures allusions to bullets puncturing the skin", while recognising that "nails are also used to build things. This is the idea of construction and deconstruction. We have built – our ancestors, enslaved Africans – the strongest economies and nations in the world" (quoted in Young, 2019).

Peskine developed his artistic practice, which also includes photography and video works, through extended study. He graduated with a Bachelor of Fine Arts from Howard University before pursuing an MA in Digital Arts and a Master of Fine Arts. While he is primarily based in Paris, Peskine works and exhibits internationally, including recent solo shows at October Gallery, London; Espaço Luanda Arte, Angola; and Galerie Le Manège, Institut Français, Dakar, Senegal. Peskine has been the recipient of prestigious prizes including a Fullbright Scholarship and a Hennessy Black Masters Art Competition award. His work is held in important collections including the New Britain Museum of American Art, New Britain, USA; the Pizzuti Collection of the Columbus Museum of Art, Columbus, USA; and the Museum of Contemporary Photography (MoCP), Chicago, USA.

Bibliography
Sarah Huny Young, 'French artist Alexis Peskine uses nails like brush strokes to illustrate the global Black experience', 7 May 2019, Pittsburgh City Paper, online
Fay Janet Jackson, 'Alexis Peskine: Collective Ambition', November 2021, artxlagos, online




Interview Alexis Peskine

1. Bonjour Alexis. Les personnes que vous représentez dans vos portraits sont des personnes que vous connaissez, et que vous photographiez - qui sont-elles ?

Dans mon travail j'aspire à rendre une image collective et panafricaine des Afro-descendants. Les portraits que je représente témoignent des expériences de vie d'hommes et de femmes Noires à un niveau global et sociétal. Au travers de mon vécu et de mes expériences en tant que Afro-français, j'ai été témoin des discriminations qui opèrent, notamment aux Etats Unis et en France. J'aspire à ce qu'il y est plus de justice et de visibilité concernant ceux qui vivent au sein du continent noir et en descendent.
Ce que je recherche dans les visages c'est de la poésie, de l'autodétermination, beaucoup d'attributs qui pendant longtemps nous ont été arrachés et ont été dépeints par des artistes masculins blancs qui ont presque systématiquement soustrait ces aspects humains d'où naissent la beauté et la poésie.
C'est plutôt l'esprit des gens, en tant que mémoire collective, qui est ici mise en avant.


2. Vos œuvres, à travers la mise en valeur du portrait noir, questionnent l'identité. Comment avez-vous choisi d'orienter votre art vers cette thématique ?

Quand je suis invité dans des universités je montre des images d'époque de personnes Noires, des photos ou des caricatures, qui ont aujourd'hui été admises comme représentations insultantes et erronées. A l'instar de la publicité et du parti pris de certaines marques dont les visuels populaires dégradants ont marqué les années 80 et 90 ; Banania, Uncle Ben's et d'autres.
Assez vite j'ai ressenti ces insultes et elles m'ont percutées.
Ce qui m'intéresse ce sont les représentations enfouies, les cultures qui n'ont pas la lumière qu'elles méritent. Il faut les re mettre en valeur.
De nombreux écrivains tels que Franz Fanon, Cheikh Anta Diop ou Wole Soyinka ou personnages historiques comme Louis Delgrès sont encore trop peu présents dans les programmes scolaires et les références culturelles en France.


3. Les matériaux utilisés dans vos œuvres sont choisis avec soin, de façon spécifique. Que représentent-ils ?

Exact, et ils sont avant tout liés à mon histoire familiale. Mon arrière-grand-mère avait une quincaillerie en Lituanie et mon grand-père maternel était menuisier au Brésil. Également, ma grand-mère maternelle était couturière.
Depuis ma jeunesse j'ai été au contact des matières, comme le bois et le métal.
Le clou représente la transcendance, la force et la puissance, il y a une certaine agressivité qui émane de sa fonction. Par exemple chez les Kongo du bassin du Congo, les Minkisi Nkondi ; sculptures recouvertes de clous, étaient utilisées comme symboles de protection.
Une des expériences récurrentes de ma famille en tant que noirs était l'acte de résister. Dans la traite et l'esclavage il y a cette notion de résistance, au travers des chaines, mais aussi de ce qui a été créé par les peuples noirs. Beaucoup d'objets de forgerons africains ont apporté une grande technologie dans les Nouveaux Mondes et en Europe.
La feuille d'or sur le clou est la métaphore de cette alchimie, du métal transformé.
J'utilise soit de la feuille d'or jaune pur soit un mélange d'or avec de la feuille de platine ou de la feuille de cuivre, qui, mélangée à l'or, donne une sorte de couleur champagne.


4. Vos œuvres suivent un processus créatif complexe. Pouvez-vous nous expliquer quelles en sont les étapes ?

J'utilise du bois latté, idéalement issu des pays dans lesquels je travaille. Je peins le bois avec un mélange de terre et de café. La terre est également importante dans mon travail ; c'est à la terre que de nombreux peuples ont été arrachés.
Je ponce ensuite pour nuancer l'imprégnation du bois aux endroits voulus, généralement en halo autour des futurs portraits. Je génère un patron à partir de la photo d'une personne que je souhaite représenter. Il sert de pochoir au plantage des clous et à l'applique du fond noir de chaque visage. J'utilise 8 tailles de clous différentes, que je plante aux endroits prédéfinis avant de les recouvrir d'or.


5. Quelle est l'histoire de l'œuvre Ribu Endabu ?

Elle appartient à la série Power figures qui précède et complète Fire figures, une série que j'ai présenté en 2021 à la October Gallery après les mouvements de contestations des dernières années.
Elle a été créée dans un même souhait de paix, de mise en valeur et de promotion de la culture noire.
Les titres de mes œuvres sont toujours écrits dans la langue natale des personnes que je représente.
Ribu Endabu, en langue Ekegusii des Kisii du Kenya signifie « Cendres Blanches ».




1. Hello Alexis. The subjects you portray in your works are people you photograph yourself. Who are they?

In my work, I aspire to portray a collective and Pan-African image of African descendants. The portraits I create reflect the life experiences of Black men and women on a global and societal level. Through my life and experiences as an Afro-French person, I have witnessed the discriminations that operate in society, particularly in the USA and France. I hope for more justice and visibility for those who live in, and descend from, the Black Continent.
What I am looking for in the faces of my subjects is poetry, self-determination... a lot of attributes that, for a long time, have been taken away from us as we have been portrayed by white male artists who have almost systematically removed these human aspects from which beauty and poetry are born.
Instead, it is the spirit of the people as a collective memory that is emphasized here.


2. Your work, through its emphasis on the Black portrait, questions identity. How did you decide to orient your art towards this theme?

When I am invited to universities, I show images of black people from the past, photos or caricatures which today have been accepted as insulting and erroneous representations... as we see also in advertising and the bias of certain brands whose popular degrading visuals marked the 80s and 90s; Banania, Uncle Ben's and others.
Soon enough, I felt these insults and they struck me.
What interests me are the buried representations, the cultures that do not have the attention they deserve. They need to be re-emphasized.
Many writers such as Franz Fanon, Cheikh Anta Diop or Wole Soyinka, or historical figures such as Louis Delgrès, are too little present in school programs and cultural references in France.


3. The materials used in your works are carefully chosen in a specific manner. What do they represent?

Exactly, and they are above all linked to my family history. My great-grandmother had a hardware store in Lithuania and my maternal grandfather was a carpenter in Brazil. Also, my maternal grandmother was a seamstress.
Since my youth, I have been in contact with materials like wood and metal.
The nail represents transcendence, strength and power. There is a certain aggressiveness that emanates from its function. For example, among the Kongo of the Congo basin, the Minkisi Nkondi sculptures covered with nails were used as symbols of protection.
One of my family's recurring experiences as black people was the act of resistance. In the slave trade and slavery, there is this notion of resistance, through the chains, but also through what was created by black people. For example, many objects by African blacksmiths brought a great technology to the New Worlds and to Europe.
The gold leaf on the nail is the metaphor of this alchemy, of the transformed metal. I use either pure yellow gold leaf or a mixture of gold with platinum leaf or copper leaf which, when mixed with the gold, gives a kind of champagne colour.


4. Your works follow a complex creative process. Can you explain the steps involved?

I use wood lath, ideally from the countries I work in. I paint the wood with a mixture of earth and coffee. The earth is also important in my work; it is from the earth that many people have been torn away.
I then sand the surface to emphasise the grain of the wood in the desired areas, usually in halos around the emerging portraits. I generate a pattern from a photo of a person I wish to represent. It is used as a stencil to place the nails and apply the black background of each face. I use eight different sizes of nails, which I hammer in predetermined places before covering them with gold.


5. What is the story behind Ribu Endabu ?

It belongs to the Power Figures series that precedes and completes Fire Figures – a series that I presented in 2021 at the October Gallery after the protest movements of the last few years.
It was created with the same desire for peace, and the enhancement and promotion of Black culture.
The titles of my works are always written in the native language of the people I represent.
Ribu Endabu, in the Ekegusii language of the Kisii of Kenya, means 'White Ashes'.

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Veuillez noter que ce lot a été réalisé à l'aide de clous et non d'ongles comme écrit sur le catalogue. De plus, ce lot est soumis à des taxes d'importation, et au droit de suite. In addition, this lot is subject to import taxes and to Artist Resale Right.

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