'La Petite Royale'
1930 Bugatti Type 46 Faux Cabriolet
Coachwork by Veth & Zoon
Chassis no. 46293
Engine no. 157
« (La Bugatti Type 46) ...associe le luxe d'une grande limousine, la parfaite souplesse et les performances d'exception d'un pur sang avec la parfaite tenue de route, la vitesse et les accélérations des meilleures voitures de sport .» The Motor, 1930.
Au début des années 1930, Ettore Bugatti s'était fait une réputation inégalée de constructeur d'automobiles aux performances éblouissantes, tant sur route que sur piste. De fait, les plus grands pilotes du monde avaient glané d'innombrables succès à bord des produits des usines de Molsheim et les choisissaient également pour leurs déplacements personnels. Bien que Bugatti soit plus connu pour ses voitures de compétition, la plupart des 6 000 et quelques voitures sorties des ateliers de Molsheim étaient des voitures de tourisme à caractère sportif.
Produite de 1929 à 1932, la Type 46 est un exemple parfait de la maîtrise de Bugatti dans la construction de voitures de tourisme rapides et excitantes dotées d'une excellente tenue de route. Elle était propulsée par un 8 cylindres en ligne à simple arbre à cames en tête de 4 litres en fait une version à course courte de celui de la Type 41 « Royale » - tandis que les essieux, les freins et transmission arrière étaient d'autres emprunts à la Royale, ce qui justifiait son surnom de « petite Royale ». En vertu de son succès, Ettore Bugatti resta fidèle au moteur à simple arbre à cames du type de celui de la 46 et n'adopta la distribution à double arbre à cames en tête, plus sophistiquée, qu'après une pression sans relâche de son fils aîné Jean, sur la Type 50 de 1930. Mais des nombreuses et diverses automobiles qu'il produisit, c'est l'élégante et parfaitement proportionnée Type 46 que l'artiste/ingénieur préféra entre toutes, dit-on. Contrairement à la Royale dont seulement six exemplaires trouvèrent preneur, la Type 46 s'avéra plus commerciale, puisque ce sont 444 exemplaires (plus 18 Type 46 S à compresseur) qui avaient quitté l'usine lorsque cessa la production.
Grande routière civilisée, rivale des Delage et Delahaye, la Type 46 attira les meilleurs carrossiers qui l'habillèrent des styles les plus variés, le faux cabriolet de cette vente étant l'uvre de Veth & Zoon. Établi à Arnhem en Hollande, dès 1840, Veth & Son commença dans la construction de voitures hippomobile avant d'aborder l'automobile à la fin XIXe siècle. La compagnie grandit et devint le fournisseur officiel de la cour de Hollande. Avant la deuxième guerre, ses carrosseries habillaient des marques aussi prestigieuses que Bugatti, Hotchkiss, Talbot Lago, Bentley et Packard. Après la guerre, Veth & Zoon échappa au triste sort de ses homologues en se lançant dans la construction de cabines de camions et de camionnettes. La société existe toujours et construit des véhicules commerciaux et des engins pour les services publics, mais n'a pas carrossé une seule automobile en 60 années.
La voiture offerte à la vente, châssis numéro 46293, parfaitement documentée, doté de son moteur original, numéro 157, était la 18e des 35 Type 46 produites à l'usine de Molsheim en avril 1930. Un châssis de Type 46 avait été commandé le 4 avril 1930 par un agent Bugatti hollandais de province, H Stam de Soest, une ville située à 35 km au sud-est d'Amsterdam, pour son client, C D Klos, un conchyliculteur de Ierseke, sur la côte ouest, à environ 120 km de Soest. Le châssis 46293 fut alloué à cette commande pour laquelle l'agent avait déboursé 64 980 francs français (soit environ 537 £ au cours du change de l'époque). Le châssis lui fut livré le 14 avril 1930, peu de temps après sa construction et arriva doté de ses roues à rayons, typique des premières Type 46.
En 1928, Klos avait décidé d'acheter une Bugatti 3 litres Type 44 via son agent Stam, qui avait commandé un châssis à son intention à l'usine le 10 septembre. Le châssis 44637 était arrivé le 21 septembre et avait été envoyé à la vieille maison belge d'Ieteren frères à Bruxelles à laquelle Klos avait commandé un faux cabriolet selon ses indications. Cependant, peu après la livraison de la voiture finie, il l'avait trouvée trop petite, d'où sa deuxième commande 18 mois plus tard, pour un châssis Type 46. Si la taille ne lui convenait pas, Klos avait néanmoins été content du style de d'Ieteren pour sa 44, et il commanda donc à Veth & Zoon d'Arnhem une carrosserie du même type pour sa 46, ce qu'ils firent.
Le livre Bugatti de Eaglesfield and Hampton publié en 1954 contenait le premier registre Bugatti. Le châssis 46293 y est mentionné comme appartenant toujours à C D Klos, Damstraat 23, à Ierseke. Quoi qu'il en soit, en 1962, lorsque le Bugatti Register de Hugh Conway, plus complet fut publié, la voiture était passée aux mains de son second propriétaire, F L Boele van Hensbroek, Straatweg 170, à Rotterdam. Elle reçut l'immatriculation de Rotterdam RD-58-82, mais le registre était dans l'erreur lorsqu'il indiquait que la voiture avait reçu sa première immatriculation en 1928 et encore plus lorsqu'il affirmait que la carrosserie était due à d'Ieteren de Bruxelles, qui avait confectionné une réplique de la 44.
En 1973-75, Hugh Conway remit son registre de 1962 à jour qu'il publia dans Bugantics, le trimestriel du Bugatti Owners' Club, avec une seule ligne par voiture. Cette mise à jour attribuait toujours le châssis 46293 à van Hensbroek. La seule nouvelle liste publiée à ce jour dans laquelle la voiture apparaît fut sortie par le club Bugatti hollandais. Cette liste publiée en 2005 inclut également les Bugatti qui furent signalées en Belgique, pays qui n'avait jamais eu son propre club Bugatti. L'article pour cette voiture stipule qu'après van Hensbroek, elle fut successivement possédée par quatre autres propriétaire hollandais, Bouvy, L Stapel, Rust et de Bouter et qu'elle avait reçu l'immatriculation K-6588.
L'article concluait en signalant que la voiture avait été vendue en 2004 à W (Bill) Larsen dans le Wisconsin aux États-Unis qui entendait la faire restaurer par Alpine Eagle de Clanfield dans l'Oxfordshire, lorsqu'il mourut quelques années plus tard. 46293 a depuis été acquise par son actuel propriétaire britannique, grâce auquel cette longue restauration a été menée à bien. Terminée en 2010 par Alpine Eagle pour un coût de 340 000 £ cette restauration concours a fait l'objet d'un reportage photographique relié dans un classeur qui contient également toutes les factures intéressantes et le tout s'accompagne d'un album en cuir de 36 pages contenant un ensemble de photos prises en studio par un professionnel. Avec ses numéros de châssis et de moteur originaux, la voiture est immatriculée au Royaume-Uni, et livrée avec son document V5 de Swansea et son certificat du MoT (ministère des transports) valable jusqu'au 17 mai 2011.
Cette voiture extrêmement élégante est habillée dans un style faux cabriolet deux portes typique de nombreuses Type 46 et peinte entièrement en noir avec une capote en mohair beige contrastant et des moulures nickelées sur les côtés qui soulignent les longues lignes horizontales. L'intérieur est traité en cuir brun avec un effet crocodile typique du style art-déco de l'époque qui complète harmonieusement les moulures en bois des portières. 42693 a parcouru seulement 300 miles (environ 430 km) depuis sa restauration et se présente en excellent état. Conduite à droite comme la plupart des voitures françaises de luxe de l'époque c'est une occasion unique d'acquérir une Type 46 à carrosserie unique représentant le nec plus ultra des Bugatti de tourisme, l'une des 60 Type 46 survivantes, probablement le meilleur exemple sur le marché de ces dernières années.
Sold for
632,500
inc. premium
Footnotes
Category:
Motoring
/
Motor Cars
Auction terms and conditions